Qu’est-ce que la plagiocéphalie et comment l’éviter ?

La plagiocéphalie désigne la déformation bénigne du crâne que l’on observe chez certains bébés. Il s’agit d’un aplatissement latéral ou postérieur souvent dû à la position du nouveau-né. Les conséquences ne sont généralement qu’esthétiques, mais elles peuvent s’avérer importantes : tête anormale, asymétrie du visage, bosse frontale, décalage des oreilles ou encore aspect asymétrique des yeux.

Comment arrive-t-on à une telle situation ?

Les études sur le phénomène ont montré que le temps passé sur le dos – en position supine – peut avoir une influence sur la déformation de la tête des bébés. Une corrélation entre l’absence de position sur le ventre pendant les phases d’éveils et l’apparition de la plagiocéphalie a aussi été observée.

L’utilisation excessive de matériel dans lequel le bébé repose sur le dos (siège-auto en dehors des heures de transport, longues périodes dans un babyrelax ou un transat, etc.) favorise l’appui de la tête sur une surface relativement ferme et engendre une aggravation du phénomène d’aplatissement. A noter que les garçons sont statistiquement plus touchés que les filles.

Comment prévenir l’apparition de la plagiocéphalie ?

Bien qu’il soit important de coucher l’enfant sur le dos pour prévenir les risques de mort subite du nourrisson, il est aussi primordial de veiller à ce que le nouveau-né ne reste pas des heures la tête posée sur une surface dure pendant l’éveil. Positionner au début son enfant à plat ventre sur le torse d’un parent peut l’aider à appréhender cette position pas toujours confortable.

Par la suite, installer régulièrement son enfant sur le ventre (sur un tapis par exemple) l’aidera à acquérir des capacités supplémentaires en renforçant les muscles supérieurs de son corps. Mettre devant son regard des jouets pour attirer son attention peut être une technique pour prolonger la période en position supine.

Limiter le temps passé dans des accessoires dans lesquels sa position évolue peu (siège-auto, écharpe de portage, etc.) et veiller à changer régulièrement ses points d’appuis permettent de prévenir la formation des aplatissements du crâne.

Pensez aussi à modifier l’orientation du couchage du bébé, afin que celui-ci ne dorme pas toujours dans la même position. Son regard étant instinctivement porté vers le parent (lorsqu’il dort dans la même chambre) ou vers une source lumineuse, tournez son couchage pour faire varier la position de sa tête.

Quand faut-il consulter pour une plagiocéphalie ?

Si vous constatez l’apparition d’un aplatissement de la tête de votre enfant, parlez-en sans attendre à votre pédiatre. Le cas-échéant, il pourra vous proposer des séances de physiothérapie. Si les mesures physiothérapiques ne suffisent pas, sachez qu’il existe des traitements spécifiques que vous pouvez obtenir sur prescription médicale. Nous vous rappelons que les services de pédiatrie et de néonatologie de l’Hôpital de La Tour se tiennent à votre disposition.

Dr med. Roberta De Luca, spécialiste en pédiatrie, spéc. néonatologie, membre FMH, médecin cheffe, service de néonatologie

Le syndrome du bébé secoué

Shaken baby syndrom : un geste aux conséquences désastreuses

Le Shaken baby syndrom (SBS) – syndrome du bébé secoué – est un terme qui désigne l’ensemble des blessures  graves du cerveau survenant chez un  enfant suite à une violence physique. Ces blessures sont dues à des  déchirures des veines du cortico-durales entrainant un saignement cérébral. La Dre med. Roberta De Luca, médecin cheffe du service de néonatologie de l’Hôpital de La Tour, nous en dit plus sur ce sujet.

Comment arrive-t-on à une telle situation ?

Il s’agit de blessures cérébrales qui peuvent se produire lorsque le jeune enfant est fortement secoué, ce qui détermine des violentes accélérations et décélérations. Les gestes du quotidien et les mouvements spontanés de la tête des jeunes enfants sont insuffisants pour provoquer un saignement du cerveau.

Des études épidémiologiques indiquent que les personnes gardant un bébé – principalement les parents – sont plus à risques de secouer les enfants. La difficulté de l’adulte à gérer les pleurs d’un nourrisson est un facteur de tension et de frustration qui peut mener à un geste violent de secouement. Epuisé, exacerbé par les pleurs, l’adulte se laisse emporter par ses émotions et, en proie à la colère, secoue le jeune enfant.

Quelles sont les conséquences d’un tel geste ?

Le spectre des dommages pour l’enfant est large et les conséquences dépendent de la gravité des lésions cérébrales, allant de la récupération complète et sans séquelle, jusqu’à des lésions invalidantes, voire létales. Pour la personne responsable d’un tel geste, les conséquences peuvent être légales.

La prise en charge d’enfants victimes de secouement est souvent retardée, puisque le diagnostic est fréquemment caché ou dénié par la personne responsable, en raison de la honte et des conséquences possibles. Il est donc probable que de nombreux cas soient sous-diagnostiqués, renforçant l’idée émises par certains auteurs que le shaken baby syndrom pourrait être à l’origine de difficultés psycho-intellectuelles, de déficits sensoriels, de déficits moteur et d’infirmités motrices cérébrales qui ne s’expliquent pas autrement.

Peut-on se prémunir du shaken baby syndrom ?

Certaines études sur le sujet ont montré que les jeunes parents ne sont pas suffisamment au courant des conséquences de tels actes sur un enfant. L’une des clefs pour prévenir ce genre de geste – qui peut anéantir une vie, dans tous les sens du terme – serait de mieux informer les parents de ce qu’est le shaken baby syndrom et de ses conséquences désastreuses.

Une autre piste serait de sensibiliser les jeunes familles à la frustration et l’exaspération que l’on peut ressentir face aux pleurs d’un enfant. Apprendre à identifier ses émotions et à reconnaitre l’arrivée de la colère afin de demander de l’aide à une autre personne, ou de simplement s’éloigner temporairement de l’enfant qui pleure – tout en veillant à ce qu’il soit en sécurité –, est aussi un moyen de prévenir les terribles conséquences de ce geste.

Si vous souhaitez en savoir davantage sur ce syndrome, nous vous rappelons que le service de pédiatrie de l’Hôpital de La Tour est à votre disposition.

Dr med. Roberta De Luca, spécialiste en pédiatrie, spéc. néonatologie, membre FMH, médecin cheffe, service de néonatologie

La Tour Qualité #5: La Tour high value care

Depuis 2012, les campagnes «Choosing Wisely » menées à travers le monde visent à aider les médecins et les patients à entrer en discussion sur des procédures médicales qui pourraient s’avérer inutiles et potentiellement néfastes pour le patient. D’aucuns estiment que les nobles intentions de la campagne « Choosing Wisely » sont malheureusement vouées à l’échec, car cette approche centrée sur une décision partagée avec le patient ne suffira pas à contrer tous les incitatifs pervers menant à la surmédicalisation.

En réponse aux difficultés rencontrées par la campagne « Choosing Wisely », les experts du mouvement ont mis en place un plan d’action avec notamment la création d’un « toolkit » pour aider les prestataires de soins à développer des stratégies d’implémentation et à mettre en place des mesures correctives en pratique clinique. Parmi celles-ci, la mise en place d’un curriculum axé sur la surmédicalisation destiné aux stagiaires et internes en formation.

Le service de médecine interne générale de l’Hôpital de La Tour a décidé de jouer un rôle pionner en intégrant cette formation pour ses médecins internes. La formation pré- et postgraduée des médecins semble en effet avoir un impact particulièrement positif sur la diminution d’actes inutiles. Plus cette éducation est précoce, plus l’effet se fait ressentir à long terme. Des études ont en effet démontré que les médecins formés dans des centres soucieux d’une médecine orientée sur la qualité (high value care), tendent à pratiquer une médecine plus rationnelle après leur internat, ce qui souligne l’importance de notre formation pour les médecins de demain.

Prof. Dr med. Omar Kherad, MPH, médecin-chef du service de médecine interne, responsable qualité.

Le PET-CT digital, une technologie de pointe au bénéfice de nos patients

L’Hôpital de La Tour se dotait il y a quelques mois d’un PET-CT digital, une technologie de pointe qui offre de nombreux avantages aux patients. Le point sur ces avantages avec le Dr med. Renaud Guignard, spécialiste en médecine nucléaire.

Dans quel(s) domaine(s) utilisez-vous le PET-CT digital et qu’apporte-il de plus pour le patient?

De manière générale, le PET-CT digital permet une approche diagnostique et thérapeutique personnalisée, grâce à la révélation par l’image, de biomarqueurs spécifiques des maladies.

A l’Hôpital de La Tour, nous l’utilisons tout d’abord en oncologie où il joue un rôle décisif à tous les stades de la maladie cancéreuse. En effet, les milliers de capteurs digitaux dont la caméra PET est équipée augmentent de façon significative la précision des examens réalisés. L’extrême sensibilité de ces capteurs à la lumière émise par les cellules cancéreuses favorise l’identification et la localisation précoces des cancers. Cette nouvelle technologie de détection digitale des photons permet ainsi de détecter des tumeurs de moins de 5 mm de diamètre dans tout l’organisme. Avec un diagnostic précoce et surtout plus précis, l’oncologue peut prendre la meilleure décision thérapeutique et les chances de succès du traitement augmentent donc considérablement. Nous offrons d’ailleurs depuis peu la procédure diagnostique la plus innovante à l’heure actuelle pour la détection précoce des récidives du cancer de la prostate. Cette procédure nécessite, outre le PET-CT digital, un traceur particulier (68Ga-PSMA) dont nous sommes les seuls à disposer aujourd’hui sur le canton de Genève.

Enfin, le PET-CT digital permet de déterminer si un traitement est efficace en observant les changements du comportement des cellules cancéreuses traitées de manière beaucoup plus précise que ne le ferait un CT-scan qui observe simplement les modifications de taille des tumeurs. Nous savons aujourd’hui que ces changements de taille sont très insuffisants pour caractériser la réponse aux différentes thérapies anticancéreuses possibles (chimiothérapie, radiothérapie, immunothérapie…).

Cette technologie d’imagerie moléculaire de dernière génération trouve aussi d’autres domaines d’application que l’oncologie. Notamment, elle sert au diagnostic précoce de maladies neurodégénératives comme la maladie d’Alzheimer, bien avant que cette maladie ne devienne invalidante et que l’IRM ne montre les premières altérations cérébrales, ou dans la recherche des causes de fièvres inexpliquées et la détection de foyers infectieux profonds par exemple.

Quel autre bénéfice ce système offre-t-il aux patients ?

La réduction des doses d’irradiation constitue un autre bénéfice pour les patients. La sensibilité de la caméra est tellement élevée, qu’à qualité diagnostique équivalente avec les caméras PET des générations précédentes, il est possible de réduire de plus de 30% la quantité de radioactivité injectée. L’exposition des patients et du personnel soignant aux rayonnements médicaux est donc réduite dans les mêmes proportions. Avec une augmentation régulière de l’exposition aux rayonnements dits « ionisants» de la population, la radioprotection des personnes est un défi majeur de l’imagerie médicale moderne. La dose peut également être personnalisée en fonction du patient et de sa pathologie.

Le PET-CT digital répond donc aux enjeux d’efficacité et de qualité qui s’imposent dans la pratique moderne d’une médecine personnalisée et hautement spécialisée. En apportant une réponse diagnostique précise et précoce aux médecins demandeurs, cet examen contribue incontestablement à améliorer la prise en charge individuelle de patients présentant des situations cliniques complexes.

L’équipe éditoriale de l’Hôpital de La Tour

Le service de pédiatrie de l’Hôpital de La Tour pratique désormais l’échographie au lit du patient 

Le Point-Of-Care Ultrasound (POCUS) est une échographie réalisée par des professionnels de santé directement au lit du patient. Les avantages de cette pratique sont multiples, tant pour le patient que pour le médecin traitant qui intègre l’échographie à son examen clinique.

Avec l’arrivée de la Dre med. Magali Gauthey et la Dre med. Aude Tonson La Tour, l’échographie au lit du patient se pratique aujourd’hui également au sein du service de pédiatrie. Un confort très apprécié pars les jeunes patients et leurs parents qui ne sont plus obligés de se déplacer en radiologie .

Quelles différences entre une échographie classique et un POCUS ?

Réalisée par un radiologue, l’échographie permet une analyse complète d’un organe ou d’une région spécifique du corps. Elle est souvent très détaillée et aide le médecin traitant à établir un diagnostic en se fondant sur les conclusions du radiologue.

Le POCUS est directement réalisé par le médecin traitant au lit du patient. Cette échographie fait partie intégrante de l’examen physique et permet d’identifier plus rapidement les éventuels problèmes. C’est un examen de dépistage moins poussé qu’une échographie classique mais il a l’avantage d’éviter au patient de se déplacer en radiologie, confort supplémentaire lorsque celui-ci a de la peine à se déplacer.

Il participe de surcroît à une meilleure compréhension par le patient grâce à la visualisation des images.

Les avancées technologiques contribuent à développer cette technique à travers des appareils POCUS de plus en plus petits et maniables, permettant de réaliser des échographies en dehors des hôpitaux, comme par exemple dans des ambulances ou des hélicoptères.

Une pratique au service des patients de l’Hôpital de La Tour

Le POCUS se pratique de manière étendue à l’Hôpital de La Tour, notamment aux services des urgences, au sein de l’unité de soins intensifs, au bloc opératoire et en médecine du sport.

 

L’équipe éditoriale de l’Hôpital de La Tour

 

 

 

Pourquoi est-il important de vacciner son enfant ?

La vaccination d’un enfant est un acte préventif permettant de limiter le risque d’attraper et de développer une maladie infectieuse potentiellement grave : tétanos, oreillons, coqueluche, méningite, septicémie à méningocoque, etc.

L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) publie régulièrement des recommandations de vaccination visant à prémunir les enfants contre certaines maladies infectieuses et leurs effets nocifs sur la santé.

Quel est le principe de la vaccination ? 

Lorsqu’un enfant tombe malade à cause d’une infection, son système immunitaire se défend en fabriquant des anticorps destinés à éliminer le microbe. La vaccination agit de la même façon, à une exception près : le microbe présent dans le vaccin est inoffensif. L’enfant ne tombe donc pas malade. Son système immunitaire va fabriquer des anticorps et apprendre à reconnaître le microbe.

Plus tard, s’il attrape le microbe, son système immunitaire le reconnaîtra tout de suite et l’éliminera avant que l’enfant ne tombe malade. La vaccination permet donc d’éviter de nombreuses maladies et épidémies qui peuvent être dangereuses pour l’enfant et son entourage. Elle contribue aussi à restreindre la propagation de maladies au sein de la population. 

 Comment les vaccins contribuent-ils à la santé de tous ?

Vacciner son enfant est donc  bénéfique pour lui, mais aussi pour ses proches et les générations futures. Si la rubéole n’est pas dangereuse pour un enfant, la contamination d’une femme enceinte peut en revanche avoir des conséquences désastreuses, telles que des malformations pour le nouveau-né. La vaccination d’un enfant va donc restreindre le risque d’épidémie. 

Le vaccin antitétanique, qui vise à lutter contre le tétanos, a quant à lui un effet bénéfique individuel. La vaccination permet de protéger les personnes vaccinées, mais ne limite pas la propagation de la bactérie, car celle-ci est présente dans l’environnement et peut toucher n’importe qui. Il est donc essentiel de vacciner son enfant pour le protéger contre cette infection bactérienne. 

La vaccination chez l’enfant est-elle obligatoire ?

Il n’y a actuellement pas de vaccin obligatoire en Suisse, même si certains d’entre eux le sont historiquement. C’est le cas de Genève, dans lequel le vaccin contre la diphtérie a été inscrit dans la constitution dans les années 50 suite à une importante épidémie.

Les parents qui ne souhaitent pas vacciner leur enfant reçoivent une lettre du Service du médecin cantonal indiquant la responsabilité qu’ils prennent. L’Office fédéral de la santé publique (OFSP) recommande plusieurs vaccins contre les maladies infectieuses.

Comment faire vacciner mon enfant ?

Vacciner son enfant est essentiel pour le protéger des maladies infectieuses et limiter le risque d’épidémie pouvant avoir des conséquences sur les personnes les plus sensibles : femmes enceintes, nouveau-nés, personnes âgées ou individus ayant un système immunitaire faible.  Nous vous rappelons que notre service de pédiatrie est à votre disposition  et que notre service des urgences pédiatriques est ouvert tous les jours sur rendez-vous, de 8h à 22h. 

L’équipe éditoriale de l’Hôpital de La Tour

La bronchiolite chez les enfants

Votre enfant de moins de 2 ans a un rhume, de la fièvre, tousse et a de la peine à respirer : il a probablement une bronchiolite. La bronchiolite est une infection qui touche les enfants de moins de 2 ans, elle est due à un virus et se manifeste en automne-hiver. L’infection touche les petites voies aériennes appelées bronchioles, qui sont les toutes petites branches de l’arbre respiratoire.

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