La Tour Qualité #5: La Tour high value care

Depuis 2012, les campagnes «Choosing Wisely » menées à travers le monde visent à aider les médecins et les patients à entrer en discussion sur des procédures médicales qui pourraient s’avérer inutiles et potentiellement néfastes pour le patient. D’aucuns estiment que les nobles intentions de la campagne « Choosing Wisely » sont malheureusement vouées à l’échec, car cette approche centrée sur une décision partagée avec le patient ne suffira pas à contrer tous les incitatifs pervers menant à la surmédicalisation.

En réponse aux difficultés rencontrées par la campagne « Choosing Wisely », les experts du mouvement ont mis en place un plan d’action avec notamment la création d’un « toolkit » pour aider les prestataires de soins à développer des stratégies d’implémentation et à mettre en place des mesures correctives en pratique clinique. Parmi celles-ci, la mise en place d’un curriculum axé sur la surmédicalisation destiné aux stagiaires et internes en formation.

Le service de médecine interne générale de l’Hôpital de La Tour a décidé de jouer un rôle pionner en intégrant cette formation pour ses médecins internes. La formation pré- et postgraduée des médecins semble en effet avoir un impact particulièrement positif sur la diminution d’actes inutiles. Plus cette éducation est précoce, plus l’effet se fait ressentir à long terme. Des études ont en effet démontré que les médecins formés dans des centres soucieux d’une médecine orientée sur la qualité (high value care), tendent à pratiquer une médecine plus rationnelle après leur internat, ce qui souligne l’importance de notre formation pour les médecins de demain.

Prof. Dr med. Omar Kherad, MPH, médecin-chef du service de médecine interne, responsable qualité.

Des biomarqueurs permettraient-ils de mesurer les effets de l’alimentation sur notre corps ?

Des scientifiques de l’Université de Lausanne et du Nestlé Institute of Health Science ont cherché à savoir si des biomarqueurs (caractéristiques biologiques mesurables permettant d’identifier des processus spécifiques de l’organisme) pouvaient servir d’indicateurs sur l’alimentation d’un individu. Le but de la démarche : s’appuyer des données factuelles plus précises que les actuels questionnaires médicaux pour émettre des recommandations favorisant une alimentation saine et équilibrée.

Quelles sont les avancées de ces recherches ?

Pour ce faire, les scientifiques du programme national de recherche PNR 69 ont étudiés le comportement de certaines molécules lors de régimes alimentaires. Il s’agit de molécules d’acide ribonucléique (les microRNA) qui sont libérées dans le sang par la graisse corporelle.

Les recherches ont montré qu’il y avait un lien entre la variation calorique et la présence de ces molécules dans l’organisme. L’un des microRNA du tissu adipeux a pu être identifié comme un biomarqueur de la diminution calorique. La baisse de 2390 calories au cours du régime a provoqué une diminution de 23 % de la présence de cette molécule. Cette baisse calorique a aussi provoqué une plus grande concentration de deux autres types de microRNA circulant dans le sang.

Ces premiers résultats sont encourageants, même si les chercheurs se sont heurtés au fait que le tissu adipeux ne libérait que très peu de microRNA et rendait les analyses difficiles. De plus, leur observation a montré que la concentration des biomarqueurs ne dépendait pas seulement de la nutrition, mais aussi d’autres facteurs comme un effort physique important ou une inflammation, rendant les recherches et l’exploitation des résultats encore plus difficiles.

Faut-il aller plus loin dans les recherches ?

Malgré ces difficultés, les chercheurs souhaitent continuer les recherches liées à des biomarqueurs vis-à-vis de la prise alimentaire, dans le but de comprendre plus précisément les effets de l’alimentation sur le corps et de pouvoir in fine développer des régimes sur-mesure. Les prochaines avancées technologiques permettront sans doute de surmonter les difficultés actuelles et de mesurer plus facilement les microRNA. 

Le Prof. Dr med. François Pralong, spécialiste en endocrinologie-diabétologie et professeur honoraire de la faculté de médecine et de biologie de l’université de Lausanne, est le principal investigateur de cette étude pour la Suisse. Il fait partie de l’équipe du service d’endocrinologie-diabétologie de l’Hôpital de La Tour.

 

L’équipe éditoriale de l’Hôpital de La Tour