Journée mondiale de la malbouffe

Aujourd’hui, 21 juillet 2017, le monde entier célèbre la malbouffe, et je ne peux m’empêcher de m’interroger sur le sens de cette journée mondiale.

Aujourd’hui, 21 juillet, le monde entier célèbre la malbouffe, et je ne peux m’empêcher de m’interroger sur le sens de cette journée mondiale. Quelles peuvent être les motivations à célébrer ainsi la malbouffe, littéralement le « mal manger », d’ordinaire décriée comme participant à l’épidémie d’obésité et à tous les maux qui accompagnent habituellement cette maladie : diabète, hypercholestérolémie ou hypertension artérielle.

Un petit tour sur la toile permet de recadrer le débat : on parle bien ici de déculpabilisation et de plaisir assumé, plutôt que d’apologie d’une nutrition malsaine, riche en hydrates de carbone et en graisses (junk food aux Etats-Unis, où le concept de cette journée mondiale a vu le jour). Et soudain, un enjeu possible de cette journée mondiale devient apparent : elle pourrait participer à faire reconnaître les difficultés auxquelles sont confrontées les personnes souffrant d’obésité. A longueur de journée, et à longueur d’année, on répète aux personnes en surpoids ou obèses qu’elles doivent accorder une attention toute particulière à leur alimentation, en leur transmettant des recommandations nutritionnelles scientifiquement et cliniquement indiscutables, mais terriblement difficiles à mettre en œuvre au quotidien. La journée mondiale de la malbouffe est censée offrir à ces personnes un petit bol d’air dans leurs efforts de changement.

Mais en forçant le trait, les initiateurs se trompent de cible. On peut à la fois reconnaître et réhabiliter l’importance du plaisir dans l’alimentation, et conserver un discours critique sur les méfaits avérés d’une nutrition favorisant l’apparition des troubles métaboliques décrits plus haut. Et je persiste à penser que l’organisation d’une journée mondiale de la malbouffe véhicule un double message, ce qui est à tout le moins très malheureux, et potentiellement délétère en termes de promotion de la santé.

A quand une journée de la gourmandise ?

Professeur François Pralong

Service d’Endocrinologie-Diabétologie-Obésité

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