Les absences, une forme d’épilepsie chez l’enfant et l’adulte

Définition

Dans le langage commun, on appelle « absence » toute situation dans laquelle une personne n’est plus présente ou, autrement dit, quand elle perd contact avec la réalité.

Forme d’épilepsie de l’enfant

Dans le domaine de l’épilepsie, les neurologues parlent d’ « absences » en référence à des crises d’épilepsie touchant l’enfant, d’âge préscolaire ou scolaire, qui se manifestent sous forme d’une rupture de contact de quelques secondes, survenant lors de relâchement d’attention, en fin de journée d’école par exemple. L’enfant arrête subitement ses activités, a le regard dans le vide ; il peut parfois cligner des yeux. Ces crises touchent d’emblée l’ensemble du cerveau, d’où le terme de crises généralisées. Elles sont parfois très fréquentes, jusqu’à plusieurs dizaines d’épisodes par jour, et peuvent par conséquent entraîner des difficultés d’apprentissage. Cette forme d’épilepsie propre à l’enfant disparaît en général en âge adulte.

Forme d’épilepsie de l’adulte

Chez l’adulte, les « absences » font référence à une autre forme d’épilepsie qui ne touche qu’une partie du cerveau, le plus fréquemment le lobe temporal, siège de la mémoire, ou encore le lobe frontal, siège de l’attention. On parle alors de crise d’épilepsie focale. Dans l’épilepsie temporale peuvent survenir, avant la rupture de contact, des sensations désagréables au niveau de l’estomac, qui montent le long de l’œsophage, ou encore des odeurs particulières, des phénomènes de déjà-vu, de déjà-vécu. Ces symptômes étranges sont appelés « aura » et permettent à la personne, avec l’habitude, de les reconnaître comme étant des débuts de crises et de prendre les mesures nécessaires pour se protéger avant la perte de conscience. Les pertes de conscience sont de durée variable, de quelques minutes à parfois quelques heures. Les témoins peuvent remarquer un comportement étrange, par exemple des manipulations d’objets, des déambulations, des propos incohérents. Au retour à la conscience, les personnes sont initialement désorientées, puis reviennent peu à peu à leur état antérieur, hormis une grosse fatigue. Elles sont incapables de décrire ce qu’elles ont fait pendant la durée de l’ « absence ».

Que faire en cas de survenue d’absences ?

Un avis neurologique est indiqué, avec la récolte d’une histoire bien précise, si possible en présence d’un témoin des épisodes, et d’un examen neurologique détaillé. Un bilan complémentaire est ensuite organisé (électroencéphalogramme, imagerie cérébrale, bilan sanguin) de façon à préciser la nature épileptique des « absences » et à adapter au mieux le traitement.

 

Dre Anne-Chantal Héritier, neurologue à l’Hôpital de La Tour

One thought on “Les absences, une forme d’épilepsie chez l’enfant et l’adulte

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.