Rencontre avec nos physiothérapeutes bénévoles

Local de physiothérapie extérieur

Local de physiothérapie extérieur

J’ai rencontré 3 de nos physiothérapeutes qui sont partis pour l’association Bilifou-Bilifou au Burkina Faso en 2013, 2014 et 2015. Chacun a pris sur ses vacances (l’Hôpital de La Tour offre une semaine sur les deux que dure la mission) pour donner du temps à des personnes dans le besoin.

Je leur ai posé à chacun 5 questions qui sont les suivantes :

  1. Pourquoi vous investir dans l’association Bilifou-Bilifou ?
  2. Quelle a été votre motivation à partir ?
  3. Quelle a été votre contribution sur place ?
  4. Quelle a été votre plus belle expérience sur place ?
  5. Qu’est-ce que cette mission aura changé dans votre quotidien ?

Je vous laisse découvrir les réponses de la première interview…

Interview de Fanny Dumont-Girard

Diplômée de l’école de physiothérapie de Genève en 2008
Physiothérapeute à l’Hôpital de La Tour depuis 2011
A contracté le virus familial : le goût des voyages

 

J’avais une patiente en commun avec le Dr P. Bedat, ce qui nous a amené à nous rencontrer pour parler de sa rééducation autour d’un café et, un sujet en entrainant un autre, il m’a parlé d’une journée de soutien qui était organisée au profit de l’association Bilifou-Bilifou dont il est le vice-président.

J’avais toujours voulu faire de l’humanitaire, mais souvent les missions sont longues et il faut savoir que lorsque l’on part on doit apporter un maximum à ces populations, on donne énormément et cela est fatigant physiquement et moralement. Lors de cette journée de mobilisation, ils ont expliqué que les missions duraient 15 jours, ma curiosité et mon besoin d’aider ont fait que l’envie de partir a pris place. Je voulais voir comment, avec peu de moyens, on pouvait réussir beaucoup de choses. J’avais aussi l’envie de mettre en place un projet et de le suivre jusqu’à son aboutissement. Je suis donc partie pour la première fois en 2013.

Sur place, je me suis occupée de la rééducation des patients opérés, des enfants présentant des retards de développement moteur, mais aussi des patients de passage, et quand je vous dis de passage, c’est-à-dire, des personnes qui passaient devant le dispensaire et qui avaient un problème avec une roue manquante à leur rollator (sorte de déambulateur), un problème de chaussure, … Je me suis donc diversifiée et j’ai fait preuve de créativité pour résoudre ces problèmes.

Le projet de créer une salle de rééducation pour les patients a pris place et j’ai pu y contribuer et le suivre jusqu’à sa mise en service. Aujourd’hui nous avons la salle avec un peu d’équipement, et l’association a pu embaucher Joël, physiothérapeute Burkinabé à plein temps.

L’un de mes plus beaux souvenirs, est celui d’une petite fille lors d’une de mes missions qui était mise à l’écart à cause de son handicap et du fait aussi qu’elle était séropositive. Elle ne marchait pas, n’était jamais allée à l’école, et ne nous prêtait aucune attention. Dès le premier jour et ce pendant mes 2 semaines au dispensaire je l’ai reçue quotidiennement pour de la rééducation. Après ces 2 semaines de thérapie elle marchait à l’aide d’un déambulateur, parlait les quelques mots de français que lui avait appris sa grand-mère et, surtout, souriait. Le jour de mon départ, la petite est venue me voir en me disant qu’elle avait une surprise pour moi, elle est partie chercher le gardien de l’hôpital qui est venu avec son Djembé, et elle a dansé pour moi…

Je me souviens aussi de ma visite chez le tapissier du coin, nous avions besoin de coussins de positionnement pour les patients. C’est-à-dire que lorsque je lui ai demandé un coussin en forme de triangle, il m’a dit que c’était du travail mal fait en forme de triangle !!! Je lui ai expliqué quelle était l’utilisation de ce coussin, et là c’est lui qui m’a expliqué que la matière demandée ne conviendrait pas que le patient allait glisser dessus, il m’a proposé la matière adéquate, et nous avons pu réaliser ce coussin.

Depuis mon retour de mission je suis devenue plus débrouillarde, j’arrive à trouver des solutions facilement ce qui n’était pas le cas avant. D’ailleurs je repars en novembre avec Oscar, le squelette du service de physiothérapie de l’Hôpital de La Tour qui est en pièces détachées et qui ne peut être réparé ici, vais-je réussir là-bas, avec les moyens du bord, à le rafistoler et lui offrir une retraite au soleil ?

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